WWSF – Prix pour la créativité des femmes en milieu rural

Introduction

Comme vous le savez peut-être, le «Prix pour la créativité des femmes en milieu rurale» de la fondation WWSF (créé en 1994) récompense chaque année des femmes leaders et des groupes créatifs et courageux qui contribuent à améliorer la qualité de la vie en milieu rural. À ce jour, 452 prix ont été attribués à des Lauréates dans plus de 140 pays. Dans certains cas, le prix renforce le statut de femmes rurales inconnues, actives et créatives, et certaines des lauréates sont reconnues au niveau national et occupent parfois des postes de responsabilité au niveau local ou national.

Le prix (US $ 1000 par lauréate) représente notre contribution de solidarité pour les efforts et obstacles surmontés et n’est pas censé être un fonds de projet, bien que dans de nombreux cas l’argent soit réinvesti dans les programmes des lauréates. Pour atteindre les Objectifs de Développement Durable (ODD) d'ici 2030, les femmes des zones rurales sont essentielles pour obtenir des résultats avec leur courage et compassion. Ils ont besoin de notre solidarité pour faire face à de nombreux défis dans le monde d’aujourd’hui. La WWSF exprime sa gratitude pour les candidatures reçues en 2019 parmi lesquelles nous avons sélectionné les 10 finalistes. Nous sommes également reconnaissantes aux sponsors qui rendent nos programmes financièrement possibles, ainsi que pour le personnel et les stagiaires universitaires.

 

PDF documents

2020 Directives pour la nomination

2019 Brochure du Prix

Messages des Lauréates (en anglais)
List of the 452 Laureates from 1994-2019 (en anglais)
Jury du prix


Présentation des 10 lauréates de 2019

BURKINA FASO - KABORE Wendlesida Constance (27 ans)

QUAND LES FOURMIS PORTENT LES ÉLÉPHANTS

KABORE Wendlasida Constance

Les vacances scolaires qu’elle a passées dans son village natal ont constitué une véritable révélation pour Constance concernant la situation déplorable des femmes rurales : sans aucune source de revenus indépendants, victimes des caprices de leurs maris, vivant dans des conditions d’hygiène déplorables, etc. Tout ceci l’a poussée à créer en 2014 l’association ALIA (Association Libre Afrique). Son objectif principal est de permettre aux femmes rurales de bénéficier d’une plus grande autonomie, sur la base du slogan : « La formation est la clé de l’autonomie ». Elle a ensuite mis en place un autre projet appelé FABI - Femmes Africaines Belles et Indépendantes. Il vise à promouvoir l’hygiène dans les zones rurales qui manquent généralement des produits les plus fondamentaux tels que le savon. Ceci permet aux femmes de gagner un revenu modeste en vendant ces produits de première nécessité et de prendre conscience de leurs droits économiques et sociaux.

ALIA a mis en place diverses formations pour permettre aux femmes rurales de fabriquer elles-mêmes ces produits de base - tels que le savon - et une formation plus théorique dans des domaines comme les droits économiques et sociaux, la création et la gestion d’une petite installation de production de savon et l’utilisation des plantes locales pour les soins de santé. Des initiatives aussi modestes sont rarement à l’honneur, mais leur multiplication dans le monde entier a finalement un impact considérable. Comme le dit un proverbe de la région de Constance : « Quand les fourmis se mettent ensemble, elles peuvent transporter un éléphant » - qu’il soit appelé pauvreté extrême ou sous-développement grave.

Son travail contribue à la réalisation des Objectifs de Développement Durable (ODD 2030)


KENYA - NAIYAN Jebet Kiplagat (42 ans)

UNE LEADER TALENTUEUSE D’UN DÉVELOPPEMENT INNOVANT

NAIYAN Jebet Kiplagat

Jebet Kiplagat Naiyan a eu un impact majeur dans son pays dans divers domaines clés, notamment en mobilisant les femmes pour lutter contre le grave impact du changement climatique dans la forêt de Mau au Kenya. En tant que membre du groupe de femmes Olulunga, elle a œuvré pour sauver les communautés marginalisées au niveau loca. Ses efforts ont eu un impact multidimensionnel dans le domaine des droits de l’homme, notamment l’éducation aux droits des peuples autochtones, sans parler de la préservation de l’environnement, qui, comme dans beaucoup d’autres zones rurales du Sud, est devenue un problème majeur dans son pays. Elle a aidé les populations autochtones à acquérir les compétences leur permettant d’être des défenseurs du climat, par exemple : l’introduction de poêles jiko qui permettent d’économiser le bois, ou d’importants projets de reboisement, sans parler de l’exploitation de la biodiversité et des traditions de leur région. Elle a fait preuve d’un leadership fort dans des domaines où les chefs traditionnels sont toujours des acteurs majeurs au niveau local. L’initiative des femmes défenseurs du climat dont elle est également membre s’emploie à modifier la dynamique des sexes en renforçant l’accès des femmes de la base aux ressources, la participation politique et la voix des femmes dans les décisions politiques. Une activité remarquable a été son implication dans « Seed Sisters », un échange entre des femmes de régions climatiques différentes produisant différentes variétés de semences de légumes, haricots, plantes médicinales, fleurs et arbres plus résistants à un environnement sec. Elle est ainsi devenue une source d’inspiration majeure pour que les femmes rurales se soutiennent mutuellement.

Son travail contribue à la réalisation des Objectifs de Développement Durable (ODD 2030)


KENYA - LALPARASAROI Munteli (30 ans)

LA DÉESSE DES LIONS

LALPARASAROI Munteli

Sur une période de 26 ans, ce prix a reçu de nombreuses candidatures originales, mais celle-ci impliquant la conservation du lion est sans conteste l’une des plus originales. En effet, les populations de grands mammifères diminuent à un rythme alarmant, en particulier en Afrique où la population de lions a elle-même chuté de 43% au cours des 20 dernières années, pour atteindre un creux de 20 000, dont 2 000 au Kenya.

Aux côtés des éléphants et des rhinocéros, les lions pourraient disparaître au cours des 20 prochaines années, en raison de la perte d’habitat et, dans le cas des lions, de conflits avec les humains, en particulier les éleveurs de bétail.

Autrefois, la conservation des lions était une affaire d’hommes - jusqu’à ce que Munteli et son amie Mparasoroi interviennent dans le projet Mama Simba. Ce projet permet aux femmes de prendre conscience de la réalité et de la pratique de la conservation du lion.

Adolescente, Munteli est devenue la 4ème épouse d’un vieil homme de la tribu des Samburu décédé peu après leur mariage, la condamnant ainsi au veuvage à perpétuité, conformément aux traditions des Samburu. Mais quelques années plus tard, Munteli a fait équipe avec une femme plus âgée de son village, Mparasoroi.

Leur mission était claire : impliquer les femmes dans la conservation du lion, à égalité avec les guerrières Samburu engagées par le très original « projet Ewaso Lions » fondé par Dr. Shivani Bhalla, un authentique projet de conservation communautaire travaillant avec les populations locales des villages, quelque chose d’extrêmement rare dans le monde de la conservation des animaux. Ces femmes illettrées devaient tout apprendre : lire et écrire, signer des documents bancaires, manipuler des téléphones portables et ainsi, pour la première fois, prendre en main leur vie. Les femmes impliquées ont nommé leur projet Mama Simba. Munteli a ensuite appris à conduire une voiture, la première femme Samburu traditionnelle à le faire. Et elle envoie maintenant des messages WhatsApp en samburu, en kiswahili et en anglais !

Les femmes Samburu sont également connues pour la beauté extraordinaire et la complexité de leurs broderies qu’elles portent fièrement. Munteli a créé de nouvelles sources de revenus en aidant les femmes à mettre en place un commerce de lions perlés, c’est-à-dire de petits lions de la taille d’une marionnette couverts de perles artistiquement disposées.

Environ 20 femmes travaillent actuellement dans des projets de conservation du lion visant à établir des relations non conflictuelles entre les éleveurs et les lions. Munteli elle-même est devenue un puissant modèle pour toutes les femmes. Elle a permis aux familles d’augmenter leurs revenus et s’est éloignée des modèles comportementaux traditionnels paralysants. C’est une incroyable pionnière qui illustre bien le dicton selon lequel « nos seules limites sont notre croyance en l’existence de limites ».

Son travail contribue à la réalisation des Objectifs de Développement Durable (ODD 2030)


TOGO - AKAKPO Adjoa (61 ans)

UNE PIONNIERE AUX NOMBREUX TALENTS

AKAKPO Adjoa

Cette candidate est une pionnière de l’organisation des femmes dans son pays où elle a fondé en 1990 « l’association de femmes La Colombe » afin d’apporter des solutions immédiates et efficaces aux différents défis auxquels sont  confrontées les femmes rurales: insécurité alimentaire, pauvreté, problèmes de santé majeurs, analphabétisme, violence sexuelle et sexisme, taux d’abandon scolaire élevé chez les jeunes filles, manque d’accès à la terre, donc au crédit, c’est-à-dire dépendance financière à l’égard des hommes. En 2000, Adjoa renonce à la sécurité de son métier d’enseignante pour se consacrer entièrement à son travail auprès des femmes et des jeunes filles. Un centre de formation pour femmes a été ouvert en 1997 dans la ville de Vo Koutime.

Plus de 700 filles et jeunes femmes victimes de diverses formes de violence et d’exploitation sexuelle y ont été formées dans divers domaines tels que la couture, la coiffure, la cuisine, la teinture et bien d’autres. Parallèlement à ces domaines, toutes les étudiantes ont reçu une formation supplémentaire sur les notions de base d’entrepreneuriat, de leadership, d’alphabétisation, etc. Parallèlement à cette formation, les chefs de village traditionnels ont été informés et sensibilisés aux droits des femmes en matière de propriété foncière et de droit de succession.  Le 15 octobre 2019, Journée internationale des femmes rurales, un réseau de femmes agro-entrepreneurs sera créé par les femmes afin d’encourager les femmes rurales à s’adapter à l’agroécologie pour faire face aux défis du changement climatique. Parallèlement, afin de trouver une solution aux problèmes de la violence à l’égard des femmes et des filles dans les zones rurales, un mouvement des épouses de chefs de village a été lancé pour faire face à cet éternel problème.

Son travail contribue à la réalisation des Objectifs de Développement Durable (ODD 2030)


OUGANDA - NAMAGANDA Ruth (31 ans)

REINE DES PRODUCTRICES DE CAFÉ

NAMAGANDA Ruth

Ruth est née en Ouganda occidentale. Elle est la seule fille parmi 14 enfants d’une famille d’agriculteurs dont la subsistance dépend de la production de bétail et de bananes. Après un très bref passage en tant que magasinière, Ruth a loué un terrain, récupérant les champs inutilisés et les transformant en champs productifs. Très vite, elle a créé un certain nombre d’associations villageoises d’épargne et de crédit pour les femmes et peu de temps après, elle a adhéré à la Kabinge Coffee Farmers Cooperative Society (KCFCS) à Bukomansimbi. Plus tard, elle devait mettre en place le Conseil des Jeunes de Babinge (2017). Sous la supervision de Ruth, le conseil de la jeunesse a mis en place des services de gestion et de négoce de café qu’il offre désormais à la coopérative. Les services de gestion comprennent, entre autres, l’entretien des exploitations agricoles de membres âgés (comme dans presque tous les pays du monde, leur proportion dans la société augmente) ainsi que de veuves et de propriétaires terriens. Ruth organise également des formations au leadership féminin - une contribution absolument indispensable au développement de l’Afrique, en particulier dans les régions où les maris s’opposent généralement très vigoureusement à toute implication de leur femme en dehors de la routine domestique, comme par exemple les activités de coopération susmentionnées.

Son travail contribue à la réalisation des Objectifs de Développement Durable (ODD 2030)


INDE - ACHARYA Triveni (54 ans)

SAUVEE DE LA TORTURE POUR AUTONOMISER LES COMMUNAUTES RURALES

ACHARYA Triveni

Mme Acharya, ancienne journaliste d’un journal réputé à Mumbai, a été nommée présidente de la Rescue Foundation en 2005, qui s’attaque à la traite des êtres humains dans les zones rurales de l’Inde, du Bangladesh, du Népal et de tout pays d’où des filles et des enfants sont victimes de trafic en Inde pour l’exploitation sexuelle commerciale.  Elle sauve avec courage ces filles des quartiers de prostitution, des salons de massage et même des appartements privés. Elle les réhabilite complètement et les rapatrie pour les réunir avec leurs familles dans leurs lieux d’origine. Son travail, avant tout au niveau local, non seulement les sauve de la torture, mais les incite également à devenir des membres dirigeants de leur communauté. Ainsi, en plus de lutter contre un problème majeur en Inde, les bénéficiaires sont en mesure de prospérer dans les zones rurales. Environ 50% de la population indienne vit dans des zones rurales et l’autonomisation des femmes est très nécessaire.

Sous sa direction, la Rescue Foundation a étendu les activités à Mumbai, Boisar, Pune et Delhi. Chaque année, la Fondation sauve environ 350 filles, réhabilite, responsabilise et rapatrie environ 700 filles dans des familles rurales en Inde et à l’étranger, afin de leur permettre de retrouver une vie normale. Ses maisons de protection et de réadaptation sont situées dans des villes.

Ces filles sont victimes de la traite depuis des villages ruraux et vendues par les trafiquants dans les villes.  Jusqu’ici, Mme Acharya a sauvé, réhabilité et rapatrié plus de 18 000 filles. Son impact est reconnu par le gouvernement indien. Le travail de Mme Acharya offre une autonomisation aux femmes qui ont tant besoin d’être responsabilisées.

Visitez www.youtube.com, cliquez sur la vidéo et tapez Rescue Foundation. Vous pourrez voir plusieurs vidéos. Consultez également wwww.rescuefoundation.net pour obtenir une vue détaillée des activités.

Son travail contribue à la réalisation des Objectifs de Développement Durable (ODD 2030)


INDE - MS.GEETA (39 ans) ET MS. KANTA (41 ans) se partagent un prix

LE DESERT AVANT LES VERTS PATURAGES

Les deux candidates appartiennent aux Harijans, une communauté de parias de la région d’Haryana (nord-ouest de la Nouvelle Delhi). Bien qu’elle fût une excellente élève, Geeta a été retirée de l’école pour la marier puis confinée dans l’enceinte de la famille. Lorsque son mari a perdu son emploi, ils pouvaient à peine garentir un repas par jour pour leurs enfants. Kanta, comme Geeta, était une brillante écolière, mais elle a été forcée de quitter l’école et on l’a mariée à 10 ans.

À 15 ans, elle a déménagé dans la famille de son mari où elle devait tout faire : la cuisine, les tâches ménagères, les soins du bétail, les travaux des champs… une succession infinie de tâches pressantes. Mais ces deux femmes courageuses ont décidé de ne pas céder à la dureté de leur situation, qui aurait eu le dessus de bien d’autres. Elles ont rejoint un groupe d’entraide villageois et ont commencé à entreprendre des formations dans divers domaines. Elles sont rapidement devenues de véritables experts dans la promotion des filtres à sable. (Un filtre à sable est un traitement de l’eau au point d’utilisation adapté des filtres à sable lents traditionnels. Ceux-ci éliminent les agents pathogènes et les matières en suspension de l’eau à l’aide de processus biologiques et physiques se déroulant dans une colonne de sable recouverte d’un biofilm). Les filtres agissent contre la contamination par le fer et l’arsenic et les impuretés biologiques. En raison du coût très bas de ces filtres, ils conviennent parfaitement aux communautés rurales pauvres souffrant de maladies d’origine hydrique. De parias méprisées, Geeta et Kanta sont devenues des figures clés de la promotion sociale et économique de leurs communautés et sont considérées avec respect par tous.

Leur travail contribue à la réalisation des Objectifs de Développement Durable (ODD 2030)


INDE - KASHYAP Shraddha (50 ans)

AN EPITOME OF COURAGE AND A TRUE CHANGE-MAKER

KASHYAP Shraddha

Shraddha appartient à une communauté appelée « Kurmi », une caste appartenant à la catégorie « Autres classes arriérées » en Inde. La principale activité de la communauté Kurmi est l’agriculture.  Shraddha est née dans une famille de la classe moyenne inférieure du village de Darrabhata dans le district de Bilaspur (État du Chhattisgarh). Son père a continué l’héritage de l’agriculture qu’il a hérité de ses ancêtres. Malgré la discrimination à laquelle elle était confrontée à la maison, elle a beaucoup lutté pour faire ses études. Ce n’était pas facile pour elle de convaincre ses parents de la laisser étudier après la 8e année primaire. Pour poursuivre ses études, elle a dû déménager, ce qu’elle a fait pour compléter son baccalauréat.  Elle savait depuis qu’elle était en âge de comprendre que son grand-père avait déjà arrangé son mariage bien avant sa naissance. Son grand-père avait promis à un de ses amis que si une fille naissait, il la marierait dans la famille de son ami. Shraddha, qui avait suffisamment lutté pour se faire une identité, ne voulait pas céder aux pressions de la société et épouser une personne qui ne pouvait pas être un partenaire à parts égales pour elle.

À cette époque, elle était très inspirée par une assistante sociale appelée Shastri ji à Bilaspur qui la motivait à ne pas laisser sa lutte s’étioler, mais à inspirer d’autres femmes et à amener des changements dans leur vie. Elle tint compte de ses conseils et explora de nouveaux horizons. Elle a donc décidé de jouer le rôle de facteur de changement dans la vie des femmes opprimées.  Elle a déménagé à 2 000 km de sa ville natale dans l’État du Madhya Pradesh pour travailler avec Ekta Parishad, une organisation de la base qui est engagée dans la lutte pour les droits des Dalits, des tribus et d’autres communautés défavorisées pour l’accès à la terre, à l’eau et à la forêt. Ekta Parishad suit l’idéologie gandhienne.  Shraddha, qui avait combattu toute sa vie contre le patriarcat pour se construire une identité propre, connaissait le sort des femmes les plus défavorisées, même dans les communautés les plus démunies et les plus opprimées, et était donc résolue à créer un espace égal pour les femmes, qui pourraient alors être suffisamment fortes pour revendiquer leurs droits à la terre et la propriété. Ainsi, grâce à ses efforts, de nombreux paysans sans terre ont obtenu des droits sur leurs terres et les filles et belles-filles ont obtenu des droits de propriété égaux.

Son travail contribue à la réalisation des Objectifs de Développement Durable (ODD 2030)

Les deux lauréates camerounaises ont été sélectionnées par le CEFAP-Ladies Circle (une ONG au Cameroun), à l’origine du programme d’un prix national qui est cofinancé par la fondation WWSF.


CAMEROUN - MOKO Jeanne d’Arc (51 ans)

ENGAGEE POUR LES DROITS DES FEMMES ET L’EGALITE DES GENRES

MOKO Jeanne d’Arc

Madame MOKO Jeanne d’Arc, femme rurale, veuve et mère de 6 orphelins a vu toute la charge de sa famille reposer sur elle depuis 2010 quand son époux est décédé, la laissant avec 6 enfants. Elle travaille dur au quotidien pour subvenir aux besoins de ces derniers.

A la mort de son époux, elle s’est vue expropriée de 80% de ses terres. Depuis lors, elle s’est engagée aux côtés d’autres femmes rurales pour défendre leurs intérêts et combattre les inégalités de sexe dans la répartition et la gestion des ressources, surtout de la terre en milieu rural. Elle a créé en 2012 le Club des Veuves engagées pour le développement rural dans son village. Elles organisent des campagnes d’information, de sensibilisation, de dénonciation qui sont soutenues par une association des femmes juristes pour la protection, la défense et la promotion de leurs droits domaniaux. C’est une femme sur qui on peut compter, une femme rurale qui prépare la femme rurale de demain aujourd’hui et qui se donne les moyens de prendre son destin en main et d’encadrer d’autres femmes vulnérables dans les communautés rurales. Elle fait partie des chevilles ouvrières du développement durable, du progrès et la culture de la paix dans sa communauté.

Son travail contribue à la réalisation des Objectifs de Développement Durable (ODD 2030)


CAMEROUN - FETGO Bernadette (57 ans)

LE COURAGE DE SE BATTRE POUR LES FEMMES

FETGO Bernadette

Madame FETGO Bernadette, femme rurale et mère de 9 enfants est une femme active dans son village où elle consacre son temps en dehors de ses travaux champêtres, et de ses tâches ménagères, à rassembler les femmes de sa communauté autour des synergies pour le renforcement de leurs capacités, la protection-défense de leurs droits et intérêts, la diversification de leur sources de revenus et surtout elle ne cesse d’aller chercher des informations qui peuvent les aider à booster leur production, transformer leurs produits agricoles et les commercialiser afin de nourrir la population et s’assurer un revenu pour s’occuper de leur famille. Elle a fait de son champ de bataille, une réelle priorité d’action dans sa communauté : le plaidoyer pour l’accès des femmes rurales à la terre, l’éducation des filles et l’éradication des mariages précoces des filles et la valorisation du dur labeur de la femme rurale qui mérite d’être reconnu et soutenu. Mme FETGO dirige plusieurs groupes communautaires féminins avec environs 1500 femmes rurales qui œuvrent pour la consolidation de la paix dans les régions anglophones en crise au Cameroun.

Son travail contribue à la réalisation des Objectifs de Développement Durable (ODD 2030)