Journée internationale de la femme

« Femmes pour le monde » - NGO-CSW

Genève, 7 mars 2008


Message de Madame la Conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey,

Cheffe du département fédéral des Affaires étrangères.

Cela fait près d`un siècle que le 8 mars, nous fêtons notre journée, la journée des femmes. Elle est le symbole de nos avancées, de nos conquêtes, de notre lutte pour l`égalité entre les sexes.


C`est la constitution fédérale qui nous garantit, à nous Suissesses, le droit à l`égalité. Dans ce sillage, la loi sur l`égalité est venue nous protéger de la discrimination dans notre vie professionnelle. Et bien d`autres lois ont aussi été modifiées ou créées, par exemple pour garantir l `égalité dans le droit matrimonial, ou punir la violence domestique.


Malheureusement, l`égalité des droits n`est toujours pas une égalité de fait. Malgré la loi sur l`égalité, les femmes continuent de gagner en moyenne prés de 20 % de moins que les hommes. Et que fait-il penser de l`égalité au travail, quand le fardeau des tâches domestiques repose toujours en grande partie sur les épaules des femmes, quand les structures d`accueil extrafamilial restent si maigres, et quand notre système scolaire permet si difficilement de concilier vie familiale et professionnelle ?


Tout comme dans la vie professionnelle, les préjugés auxquels se heurtent les femmes font surgir devant elles des obstacles de taille sur la voie de l`égalité effective dans la vie politique.


Car elles restent sous-représentées dans la classe politique. Bien sûr, pour la première fois dans l`histoire de notre pays, nous approchons de la parité au sommet de l`Ètat Fédéral : il y a aujourd’hui trois femmes pour quatre hommes au Conseil fédéral - sans compter la chancelière fédérale. Le Parlement, en revanche, compte à peine 30% de femmes au Conseil national, et un peu plus de 20% au Conseil des États.


Or le développement durable et la croissance économique ne sont possibles que si femmes et hommes conjuguent leur énergie et leur créativité ; que si les décisions se prennent sur un pied d`égalité entre elles et eux. La société a bien trop besoin des talents des femmes pour les laisser inemployés.


La pauvreté, les atteintes croissantes à l`environnement, les conflits armés internes qui s`éternisent menacent l`existence d`innombrables êtres humains. Seule une réflexion enrichie par un foisonnement de perspectives, d`expériences et d`approches peut nous aider à surmonter ces problèmes pressants. Tous ensemble, luttons pour que lest femmes participent à droits égaux à la vie de la société dans tous ses registres - chez nous, en Suisse, mais aussi dans les pays frappés par la pauvreté, la guerre et les dégradations environnementales.


C`est pour cela que l`égalité est un préoccupation omniprésente au sein de mon département. Il prévoit par exemple des formations internes par les responsables de programmes et de projets d’aide au développement, de promotion de la paix et des droits humains, afin de leur faire connaître et appliquer dans leur travail les connaissances scientifiques les plus récentes en la matière. Dans notre action bilatérale comme multilatérale, nous cherchons à renforcer les droits des femmes, et à susciter des alliances autour d`eux. C`est aussi l`un des buts de mes rencontres avec les autres femmes ministres des Affaires étrangères.


Il reste beaucoup à faire pour que le 8 mars ne soit plus jour de lutte pour l`égalité, mais jour de célébration d`une égalité de fait. J`ai le ferme espoir que ces 8 mars-là n`est plus si loin !


En attendant, je vous souhaite que vos échanges d`aujourd’hui soient féconds, et qu`ils vous emplissent d`une énergie nouvelle pour le travail qui nous attend !


Micheline Calmy-Rey