Eléments importants pour le fonctionnement
harmonieux des Cercles de compassion
(adaptation de plusieurs lignes directrices
de cercles)
Jusqu’à ce que vous ayez intériorisé les points
de repère suivants, nous vous suggérons de les relire à
tête reposée avant chaque réunion.
1. Nous créons au centre de notre cercle
un espace sacré fait d’ouverture, de respect et d’accueil
de l’autre, avec une petite table sur laquelle on mettra une bougie
allumée symbolisant la lumière et la chaleur.
2. Nous précisons clairement le moment
de démarrer et de terminer le cercle.
3. Nous commençons par un moment de
réflexion silencieuse. Ce silence permet à chacun-e de se
centrer. Nous apprenons à écouter le silence duquel naît
tout son, toute parole, et vers lequel il retourne.
4. Au commencement de chaque rencontre, chaque
participant-e partage ce qui est particulièrement important dans
sa vie à ce moment-là – que ce soit une épreuve
ou une joie.
5. Le leadership du cercle est partagé
et change chaque fois par rotation, de telle sorte que chaque personne
qui le désire puisse animer le cercle et coordonner les échanges.
6. Il y a une égalité absolue
dans le cercle. Chacun-e est égal à chacun, il n’existe
ni gourous, ni stars, ni poids lourds. Par votre simple présence,
vous constituez un cadeau pour tout le cercle. Votre expérience
de vie est absolument unique, de même que votre façon de
voir les choses. Comme cela est vrai de chacun-e, cela fait du groupe
quelque chose d’une immense richesse. Chacun-e de nous est un des
joyaux de la couronne que constitue le cercle.
7. Le « facilitateur/la facilitatrice
» du cercle (mot que nous utilisons à la place « d’animateur
») s’assure que les règles de base du cercle sont suivies,
et intervient toujours dans un esprit de simple observation (par exemple:
« J’observe que tu as émis un jugement sur ce qu’a
dit Laure, pourrais-tu reformuler cela d’une autre façon
»), jamais dans un esprit de « remise en ordre » ou
de jugement (« Tu n’aurais pas dû… »).
8. Une personne parle à la fois, en
utilisant le bâton de parole ou tout autre objet symbolique que
le groupe sélectionne pour remplir ce rôle. Cette vieille
coutume amérindienne permet que chacun dise ce qu’il a à
dire sans être interrompu, permet à chacun d’aller
au fond de sa pensée, à son rythme, et permet aux autres
l’apprentissage de l’écoute empathique profonde.
9. Chacun-e parle du cœur, à partir
de son expérience, et en restant dans le cadre du thème
discuté dans le cercle ce jour-là. Dans l’espace du
cercle, nous abandonnons complètement tout besoin d’avoir
raison, de convaincre ou de faire triompher un point de vue. Nous nous
ouvrons à la richesse infinie de nos expériences individuelles,
des portes s’ouvrent en nous, et la magie du groupe nous permet
de créer des possibilités au-delà de nos attentes.
10. Nous écoutons toujours avec compassion.
Cela veut dire apprendre à mettre en sourdine les monologues intérieurs,
le mental qui court, court sans cesse vers l’avenir ou fait des
sauts dans le passé. Nous apprenons à être totalement
présent-e-s, et d’offrir à chacun-e le cadeau d’une
écoute totale et sans partage, une des choses les plus rares et
les plus précieuses de notre culture.
11. Nous écoutons comme un allié,
en croyant à la sagesse innée de celui qui parle et en invitant
les moments de silence, que nous accueillons avec respect et reconnaissance.
Le silence permet d’être attentif à une dimension spirituelle
dans le cercle (que chacun-e définit à sa façon,
mais qui ne doit d’aucune façon être confondu avec
« religieux » - un athée peut être ouvert à
une dimension spirituelle au sens des valeurs de l’esprit, d’une
dimension non matérielle du réel). Il nous permet de nous
remettre au diapason de cet espace spécial que nous avons mis au
centre du cercle, et que chacun-e contient en lui-même. C’est
cette dimension qui fait que le groupe est beaucoup plus que l’addition
de ses participants individuels.
12. Chacun-e assume la responsabilité
totale de son expérience et de son impact sur le cercle.
13. Toutes les décisions se prennent
par consensus. Un consensus se crée quand un groupe veut ou a besoin
d’assumer la responsabilité collective de son action. Une
fois que le consensus est atteint, le cercle peut parler comme un «
nous ».
14. Le cercle encourage et accueille des points
de vue différents. Ces derniers constituent un enrichissement:
je suis enrichie par ta différence, non menacé par elle.
15. S’il se produit un moment de tension,
plutôt que d’accourir avec un bandage ou un pansement, nous
« tenons » la tension, nous la laissons être sans la
juger ou l’étiqueter.
16. Le cercle constitue un espace de sécurité
totale pour chacun-e. Cela implique nécessairement le respect de
la confidentialité absolue de tout ce qui est partagé. Ceci
constitue une des règles les plus fondamentales et sacrées
d’un cercle de compassion. A la première séance, il
est essentiel que chacun-e partage avec le groupe ce qui est important
pour qu’il/elle se sente en totale sécurité. Cela
peut être parler assez fort, savoir que personne de l’extérieur
ne va nous interrompre (pas de portables allumés ! !), être
sûr que l’on va terminer à l’heure, etc.
17. Pour participer à un cercle, cela
implique en engagement total à venir régulièrement
aux rencontres, sauf en cas d’un imprévu grave ou très
important. Ceci exprime notre respect des autres. Une personne qui manquerait
assez souvent, ou pour une raison peu importante, transmet un message
de manque de respect et de considération au reste du groupe.
18. Les participant-e-s du cercle sont uni-e-s
par leur intention partagée. Un respect profond et inconditionnel
de l’autre constitue l’assise relationnelle privilégiée
du cercle.
19. Le cercle peut choisir de garder un journal,
et désignera dans ce cas une ou des personnes pour le tenir à
jour.
20. Le cercle désigne un « gardien
de l’énergie » du groupe. Il importe que ce soit une
personne qui est extrêmement sensible aux énergies. Elle
peut recentrer la discussion avec une clochette, p.ex. si le groupe s’éloigne
du thème choisi, ou si l’énergie du cercle s’éparpille.
21. A la fin d’une rencontre, le groupe
fait des plans pour la prochaine rencontre et choisit la ou le responsable
de la prochaine réunion. Avant de clôturer la rencontre,
le groupe permet à chacun-e de partager brièvement comment
il/elle se sent. Les membres expriment leur reconnaissance pour ce qui
a été partagé, car l’énergie de gratitude
est une des énergies les plus puissantes de la planète,
qui souvent permet d’ouvrir des portes longtemps bloquées.
La durée d’existence de votre
cercle de compassion dépend de différents facteurs, comme
la qualité de l’énergie dans le cercle, les objectifs
qu’il se fixe et choisit de discuter, etc. Certains cercles durent
plus de dix, quinze ans, d’autres beaucoup plus brièvement.
Chaque cercle se gère de façon autonome
Les membres du cercle en viennent tout naturellement
à se soutenir dans la vie quotidienne. Souvent, avec la maturation
du groupe, certains cercles se fixent des objectifs de service dans la
communauté ou dans le monde. Mais si cela se produit, cela arrive
lentement et spontanément, par consensus.
Une Journée mondiale des cercles
de compassion - 2 novembre - a été lancée par la
Fondation Sommet mondial des femmes WWSF.
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