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Protéger les enfants des abus

Un exposé éducatif du Dr. Sherryll Kraizer
destiné aux enfants dès l'âge de trois ans

 
Introduction
 

Le phénomène de la maltraitance des enfants apparaît comme le précurseur de nombreux problèmes sociaux. En effet,

  • 95 % des individus qui maltraitent les enfants ont eux-mêmes été abusés dans leur enfance.
  • 80 % des personnes dépendantes de drogues ou d'alcool ont été abusées dans leur enfance.
  • 80% des fugueurs invoquent les abus subis comme facteur de fuite.
  • 95% des prostituées ont été sexuellement abusées dans leur enfance.
  • 78% de la population carcérale a été abusée pendant son enfance.
  • 50% des personnes qui ont tenté de se suicider ont été abusées sexuellement à un moment de leur vie .

(source disponible sur demande)

Si tous les enfants abusés ne connaissent pas de problèmes aussi graves, il est indéniable que ces abus les empêchent de développer pleinement leur potentiel. Leur perte est la nôtre et des mesures adéquates permettant de mettre un terme à ce cycle infernal sont nécessaires.

Nous savons aujourd'hui que les enfants sont capables d'empêcher les abus et les enlèvements lorsqu'ils disposent de moyens de prévention qu'ils peuvent comprendre et appliquer dans leur vie quotidienne.

 
I - Les principes fondamentaux de la prévention
 

Les écoles, les organisations et les parents peuvent tous contribuer à réduire le nombre d'abus. Il est toutefois surprenant de constater que les agresseurs font souvent partie de l'entourage intime de l'enfant (parents, famille, amis proches). Il faut donc éduquer les personnes qui fréquentent régulièrement les enfants, même si elles appartiennent à une sphère plus large (professeurs, médecins, etc.).

La prévention des abus ne doit pas nécessairement passer par la description détaillée d'une agression, ni d'un agresseur potentiel. Il n'est pas non plus nécessaire de dire aux enfants que le danger peut venir de ceux qu'ils aiment. Une prévention positive et concrète peut leur donner la capacité d'identifier et d'agir par eux-mêmes au moment où ils se sentent menacés. Cette technique leur donne également la possibilité de se prendre en charge et d'être les auteurs de leur propre bien-être.

Mais ayant enseigné à l'enfant comment se responsabiliser, il faut aussi lui donner une structure de soutien qui lui permettra de se manifester en toute confiance en cas d'abus.

    La meilleure défense des enfants contre les abus est en effet
  • La confiance en soi et en ses propres capacités.
  • L'aptitude à évaluer et à maîtriser des situations diverses.
  • L'assurance qu'il sera entendu et compris.
  • Savoir où et comment trouver de l'aide.

Les enfants ont le droit de se sentir en sécurité. Ceux à qui l'art de réfléchir par eux-mêmes aura été enseigné sont ceux qui éprouveront le plus ce sentiment.

Prévention des abus sexuels

La prévention des abus sexuels commence par faire appel aux capacités naturelles de l'enfant, à ce qu'il connaît déjà et aux expériences qu'il a vécues. Les messages les plus importants sont les suivants :

  1. Ton corps t'appartient.
  2. Tu as le droit de décider qui te touche et comment.
  3. Si quelqu'un te touche d'une manière qui te déplait ou te met mal à l'aise, et que tu penses être "mal" ou que tes parents penseraient être mal, tu as le droit de dire "Non".
  4. Si l'agresseur continue, menace-le de dénonciation et dénonce-le quoi qu'il arrive
  5. Si on te demande de garder un secret, dis "Non, je vais en parler !".
  6. Si tu as un problème, parles-en jusqu'à ce que quelqu'un vienne à ton aide.

Lorsqu'on montre aux enfants par notre propre comportement que leur corps leur appartient, ils apprennent qu'ils peuvent maîtriser ce qui arrive à leur corps. Dès l'âge de deux ou trois ans, ils savent quelles caresses leur plaisent ou non. Cette méthode de prévention leur donne la possibilité de s'exprimer et leur enseigne comment le faire d'une manière appropriée et efficace. Elle ne doit pas seulement se limiter à l'aspect théorique, mais doit aussi être simulée afin que l'enfant puisse ressentir ce qui pourrait arriver dans une situation réelle. Tout comme on apprend à nager en se jetant à l'eau, on apprend à prévenir les abus sexuels en accumulant les exercices et les exemples concrets.

En sécurité avec des inconnus

Les enfants doivent comprendre que les inconnus sont simplement des personnes qu'ils ne connaissent pas et qu'il n'y a donc pas de raison d'en avoir peur. Ils doivent cependant respecter certaines règles de sécurité lorsqu'ils ne sont pas accompagnés. Les concepts et les règles de comportement face à un étranger sont simples et doivent être enseignés sans faire usage d'histoires horribles ni créer de peurs inutiles.

"Quand tu es seul ou avec tes camarades et que quelqu'un que tu ne connais pas t'aborde, conforme-toi aux règles suivantes" :

  1. Garde tes distances. Si cette personne s'approche de toi, recule afin de garder une certaine distance de sécurité.
  2. Ne parle pas avec cette personne, même pour lui demander de l'aide. Ne lui pose pas de questions et n'entame pas la conversation. Même si la personne connaît ton nom, cela ne signifie pas qu'elle te connaît.
  3. N'accepte jamais rien de cette personne, même s'il s'agit d'un objet qui t'appartient ou appartient à tes parents.
  4. Ne pars jamais avec cette personne, même si elle te raconte qu'il s'agit d'une urgence. Vérifie auprès de quelqu'un que tu connais bien.
  5. Si tu sens que quelque chose ne va pas, que tu te sens mal ou effrayé, recule encore de quelques pas, retourne-toi et pars en courant. Essaie d'attirer l'attention sur toi et appelle "au secours". Rappelle-toi que personne ne saura que tu as un problème si tu n'attires pas l'attention et ne demandes pas de l'aide.

Dans toutes les méthodes de prévention, les théories n'ont de valeur que si l'enfant a simulé le scénario en question. Les recherches ont montré que les règles doivent devenir une seconde nature pour être une protection efficace. Cela signifie qu'il faut exercer les réflexes par la simulation de situations quotidiennes. Cela peut être difficile pour des parents. C'est pourquoi, il est important que l'école participe à ce processus éducatif.

En sécurité quand on est seul

Il arrivera que votre enfant se retrouve seul. Il sera alors voué à lui-même, comme lorsque vous êtes sous la douche et que l'on sonne à la porte ou que vous êtes dans le jardin et que le téléphone sonne.
Il est important de discuter avec les enfants des angoisses qu'ils pourraient ressentir lorsqu'ils sont seuls. Il existe des consignes à suivre en cas de situation imprévue.

Répondre au téléphone

  1. Un "bonjour" suffit. Les enfants n'ont pas à donner leur nom ni répondre à des questions, à moins que leur interlocuteur ne soit de la famille ou un ami proche.
  2. Si l'enfant est seul à la maison, il doit répondre "Ma mère est occupée", ou "Mon père se repose. Est-ce-que je peux lui transmettre un message ?"
  3. Si la personne au téléphone insiste et ne veut pas laisser de message, il n'est pas impoli de raccrocher le téléphone. L'enfant ne doit en aucun cas dire qu'il est seul.
  4. Si l'enfant ne peut pas prendre de message, il doit demander à l'interlocuteur de rappeler plus tard.

Répondre à la porte

La porte d'entrée doit rester fermée à clé lorsque l'enfant est seul à la maison. Il doit aller à la porte lorsque quelqu'un sonne ou frappe et demander "Qui est là ?" Il ne doit toutefois jamais ouvrir à moins que ce ne soit un membre de la famille ou un ami proche et que les parents le lui ont permis.
Établissez avec vos enfants des réponses précises à formuler lorsque quelqu'un vient livrer un paquet, "Veuillez laisser le paquet sur le palier" et si une signature est requise, "Veuillez revenir" ou "Allez chez les voisins".

Urgences

Les enfants doivent savoir comment se comporter en cas d'urgence (appeler les Urgences - Centres de Santé, une Ambulance, etc.).

Soyez prêts

La liste suivante peut servir de base à une discussion en famille.
Mon nom
Le nom de ma mère / de mon père
Mon adresse / Mon numéro de téléphone
Le No. de téléphone professionnel de ma mère / de mon père
Les No de la police / des pompiers /des urgences / des médecins / des voisins, etc.
Si le téléphone sonne, je ...
Si quelqu'un frappe à la porte, je ...
Je peux laisser entrer les personnes suivantes ...
S'il y a une urgence, je dois ...
Si j'ai peur, je ...
Si je m'ennuie, je ...
Mes responsabilités sont ...
Etc.

Défendez-les et parlez

Apporter des informations de prévention aux enfants n'est qu'un début. Chacun d'entre nous a un rôle à jouer. Prenez conscience que vous êtes le défenseur de chaque enfant que vous connaissez ou côtoyez. Si un enfant est maltraité et que vous n'en parlez pas, qui le fera ? Pour faire part d'une suspicion de maltraitance, veuillez appeler le service ou l'autorité compétents.

Devenez un volontaire

Les organisations d'aide aux enfants sont nombreuses, à l'instar des centaines d'enfants qui ont besoin de modèles, de maisons d'accueil et de gens qui les défendent.

Donnez

Que ce soit du temps, du matériel, ou de l'argent, les dons sont les bienvenus car les besoins sont grands.
Les organisations communautaires feront l'objet de pressions croissantes au fur et à mesure qu'augmentera le nombre d'enfants qui parleront. Prendre soin de ces enfants contribue à enrayer le cycle infernal de l'abus sexuel.
Ce projet témoigne de l'engagement envers la diminution des abus sexuels dans notre communauté. Dès qu'un enfant a déclaré avoir subi un abus, sa guérison peut commencer. L'étape suivante sera de faire une déclaration officielle auprès des autorités et de commencer son traitement. Il faudra également traiter l'agresseur lorsque cela sera possible.

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II - Qu'appelle-t-on "abus d'enfants"?
 

Il s'agit d'une situation dans laquelle un adulte traumatise ou menace de traumatiser physiquement ou mentalement un enfant. L'abus peut être physique, sexuel ou émotionnel : il peut s'agir de négligence, d'insuffisance dans la surveillance, les soins physiques, médicaux ou pédagogiques de l'enfant, ou encore d'un abandon.

Qui sont les agresseurs ?

Il peut s'agir d'inconnus, de membres de la famille, d'amis, de voisins, de personnes que l'enfant connaît et en qui il a confiance. L'abus n'a pas de frontières socio-économiques, raciales ou religieuses. Il peut se produire dans tous les milieux.
Des études montrent que la plupart des abus sexuels ne laissent pas de séquelles physiques (la souffrance se situant surtout au niveau de la relation de confiance qui a été violée). Les conséquences psychologiques peuvent en revanche être graves.

Conséquences des abus sexuels

Chaque enfant victime d'un abus sexuel souffre d'une façon différente, mais chacun est plus exposé à être à nouveau agressé.
Abus et négligence entraînent souvent un sentiment de culpabilité, d'avoir été violé dans son intimité, de perte de contrôle sur les événements et sur sa vie et un manque de confiance en soi.
Même les enfants qui semblent bien s'en sortir après avoir été maltraités se soucient de savoir si cette expérience va se reproduire, s'ils ont fait quelque chose de mal ou si d'autres relations peuvent devenir abusives.

Effets à long terme des abus et de la négligence

Parmi ces effets, on compte les troubles émotifs, les comportements perturbateurs, la baisse de performance scolaire, la vulnérabilité par rapport à d'autres situations d'abus sexuels ou de maltraitance, les dépressions et les tentatives de suicide.
Bien que ces symptômes ne soient pas nécessairement liés à l'abus, il faut y faire face le plus rapidement possible et ne pas les laisser s'ancrer. Les études démontrent que certains mauvais étudiants, fugueurs, drogués, prisonniers et prostitués ont très souvent été victimes d'abus.
Sachant cela, il est évident qu'il nous faut consacrer notre énergie et nos ressources à la prévention, à l'assistance et au traitement d'enfants maltraités et négligés. C'est leur garantir, ainsi qu'aux générations futures, un bon développement et la réalisation de leurs potentialités.

Réaction lorsqu'un enfant dénonce

L'angoisse d'un enfant qui déclare avoir subi des sévices est réelle. L'important est donc de rester calme et de le soutenir dans cette épreuve. Donnez lui l'occasion de décrire la situation avec ses propres mots. N'intervenez pas pendant qu'il parle et ne réagissez pas de manière disproportionnée. Ne le critiquez en aucune manière. L'enfant doit savoir que vous avez confiance en lui et que vous êtes content qu'il vous ait parlé, qu'il n'a rien fait de mal, que vous allez faire de votre mieux pour que cette situation ne se reproduise plus et que vous allez vous efforcer de l'aider.
Ne promettez rien de précis à l'enfant. Il serait déçu si vous n'étiez pas en mesure de tenir vos engagements.
Les enfants qui ont été maltraités physiquement ou sexuellement doivent être examinés par un médecin (médecin traitant ou praticien ayant de l'expérience dans ce domaine).

Rappel : un enfant ne mentira pratiquement jamais, sauf pour tout nier

Les conséquences d'un abus interviennent à long terme et ne sont pas toujours apparentes. Lorsqu'un enfant rapporte avoir été abusé, le processus de guérison commence. L'étape suivante est le signalement de l'abus aux autorités compétentes ainsi que le début de la prise en charge de l'enfant et du traitement de l'auteur des faits lorsque cela est possible.

Signalement des soupçons d'abus ou de négligence

La décision de dénoncer ces actes est toujours très difficile. La plupart des abus sexuels et pratiquement tous les abus physiques et émotionnels sont perpétrés par des personnes proches de l'enfant et donc connues de sa famille et de son entourage. Ceci entraîne souvent l'hésitation. Il faut alors se rappeler que seul le délinquant est coupable et que votre devoir est de dénoncer.
Signaler l'acte protège l'enfant, mais peut également apporter une assistance psychologique ou médicale à l'agresseur. Le responsable de la signalisation de l'abus ne doit pas se sentir responsable de la faillite de la vie de l'agresseur. Celui qui a le courage de parler permet de sauver la vie d'un enfant et très probablement celle d'autres enfants.

Toute personne qui soupçonne un enfant d'être maltraité a la responsabilité de le porter à l'attention de l'autorité compétente. Il est important de savoir que vis-à-vis de la loi, une preuve n'est pas indispensable. Tout cas suspect doit faire l'objet d'une dénonciation.
Le fait de dénoncer peut être difficile, mais qui le fera au nom de la victime, sinon vous ?

Que faire une fois les sévices signalés

L'impact d'un abus sur en enfant est fonction de plusieurs facteurs

  1. Le genre et la gravité de l'agression.
  2. La relation entre l'auteur et l'enfant.
  3. La durée de l'agression ou des agressions.
  4. La réaction des personnes entourant l'enfant.
  5. Le soutien donné à l'enfant afin de lui garantir un rétablissement complet.

L'élément le plus important pour la guérison d'un enfant est de lui faire comprendre qu'il n'est pas responsable de ce qui est arrivé. Les parents sont évidemment essentiels dans cette démarche, mais une aide professionnelle a aussi son importance pour aider l'enfant à résoudre les problèmes qu'il rencontrera à la suite de l'abus.

Il est inexact de croire qu'un enfant oubliera les faits si le silence est gardé à propos de l'incident. Qu'il en parle ou non, sa vie a été bouleversée. Aider l'enfant dans le processus de sa guérison a une importance qui ne doit pas être sous-évaluée.
Quant au traitement de l'agresseur, il est particulièrement important pour les jeunes délinquants. En effet, ceux-ci entament une conduite abusive pour toute une vie. Une intervention rapide est donc nécessaire.

Service d'assistance publique

Il vous appartient de faire des recherches sur les services locaux de protection des abus envers les enfants.

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