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A l’occasion de la Vendredi 17 novembre 2006 Centre International de Conférences Genève CICG, rue de Varembé 17, 1202 Genève (Salle 3) Traduction anglais/français Programme Conférence – débat “Progrès dans la prévention des abus envers les enfants - État des lieux annuel 5ème édition” Thème : Comment être de bons parents à l’heure des médias modernes Cérémonie Remise du Prix WWSF pour la prévention des abus envers les enfants* 1er prix : Tulir - Centre for the prevention and healing of child sexual abuse (Inde) -17h15 Ouverture
-17h40 Cérémonie-Remise du Prix pour la prévention des abus envers les enfants* 1er prix (3000 US$) : Tulir – Centre for the prevention and healing of child sexual abuse (Inde)
-17h50 Conférence - débat
-19h30 Réception & Interviews |
La Journée mondiale pour la prévention des abus envers les enfants est commémorée chaque année le 19 novembre. La WWSF Fondation Sommet Mondial des Femmes, à l'origine de cette Journée, organise chaque année depuis l'an 2000 une conférence-débat sur le thème des "progrès dans la prévention des abus envers les enfants – Etat des lieux annuel". Le 19 novembre tombant en 2006 un dimanche, la conférence annuelle ainsi que la remise du Prix pour la prévention des abus envers les enfants ont eu lieu deux jours plus tôt, soit le vendredi 17.
Thème de la conférence:
Comment être de bons parents à l'heure des médias modernes?
Discours d'ouverture par Elly Pradervand, directrice exécutive de la WWSF
En préambule, Mme Elly Pradervand, directrice exécutive de la WWSF Fondation Sommet Mondial des Femmes, a rappelé que la Journée mondiale pour la prévention des abus envers les enfants a été créée en 2000, en réaction à un article paru dans le journal Le Temps, mentionnant l'existence d'une Journée internationale de la pédophilie sur Internet le 25 avril. "Cette nouvelle inacceptable nous a tellement bouleversés que nous avons décidé de créer une Journée mondiale pour la prévention de tels abus. Nous avons choisi le 19 novembre pour faire une synergie avec le 20 novembre, date anniversaire de la Convention relative aux droits de l'enfant."

Sept ans après, la Journée mondiale est commémorée par plus de 700 organisations gouvernementales et non gouvernementales dans 119 pays. "Grâce à un important travail en réseau avec des milliers d'organisations travaillant pour la dignité et les droits de l'enfant, effectué par Laure Maitrejean, coordinatrice de la section enfants, nous sommes fiers de pouvoir vous annoncer le succès de cette campagne de mobilisation et l'importance de notre coalition internationale. Nous tenons aussi à remercier les membres et staff de la WWSF ainsi que les sponsors qui nous soutiennent cette année: la Fondation OAK, l'Office fédéral des assurances sociales suisse OFAS, la Ville de Genève, l'Etat de Vaud et Vivre Autrement." Des chiffres révélateurs Mme Pradervand a également donné quelques chiffres qui font frémir: 40 millions d'enfants dans le monde souffrent d'abus et de négligence et ont un besoin urgent de soins et d'encadrement social. Plus d'1 million d'enfants sont exploités chaque année par l'industrie du sexe, et la pornographie infantile n'est pas considérée comme un crime dans 38 pays. "C'est pour cela que nous avons choisi de participer au vaste mouvement mondial visant à créer un monde digne des enfants. J'aimerais néanmoins ajouter que notre travail n'est pas en compétition avec celui des autres organisations oeuvrant pour les droits de l'enfant. Il est au contraire effectué dans une optique de rassemblement. Il y a de la place pour beaucoup d'acteurs soucieux du bien-être des enfants…"
Sept ans après, la Journée mondiale est commémorée par plus de 700 organisations gouvernementales et non gouvernementales dans 119 pays. "Grâce à un important travail en réseau avec des milliers d'organisations travaillant pour la dignité et les droits de l'enfant, effectué par Laure Maitrejean, coordinatrice de la section enfants, nous sommes fiers de pouvoir vous annoncer le succès de cette campagne de mobilisation et l'importance de notre coalition internationale. Nous tenons aussi à remercier les membres et staff de la WWSF ainsi que les sponsors qui nous soutiennent cette année: la Fondation OAK, l'Office fédéral des assurances sociales suisse OFAS, la Ville de Genève, l'Etat de Vaud et Vivre Autrement." Des chiffres révélateurs Mme Pradervand a également donné quelques chiffres qui font frémir: 40 millions d'enfants dans le monde souffrent d'abus et de négligence et ont un besoin urgent de soins et d'encadrement social. Plus d'1 million d'enfants sont exploités chaque année par l'industrie du sexe, et la pornographie infantile n'est pas considérée comme un crime dans 38 pays. "C'est pour cela que nous avons choisi de participer au vaste mouvement mondial visant à créer un monde digne des enfants. J'aimerais néanmoins ajouter que notre travail n'est pas en compétition avec celui des autres organisations oeuvrant pour les droits de l'enfant. Il est au contraire effectué dans une optique de rassemblement. Il y a de la place pour beaucoup d'acteurs soucieux du bien-être des enfants…"
Mme Esther van der Velde
a présenté, trois jours avant son lancement à Genève, l'Etude de l’ONU sur la violence
contre les enfants. Ce document important comporte des recommandations pour les gouvernements
et la société civile dans son ensemble. Entreprise sur mandat de l'Assemblée Générale, cette
étude est une initiative mondiale, visant non seulement à dresser un portrait détaillé de l'ampleur
et des causes du phénomène, mais aussi à proposer des recommandations claires pour prévenir la
violence et y répondre.
Un livre contenant les résultats de cette étude, neuf récapitulatifs régionaux et un dossier pédagogique destiné
aux enfants et aux jeunes font partie des outils qui serviront de support pour travailler. Dans différentes régions
du monde, des processus ont été mis sur pied pour que ces recommandations ne restent pas lettre morte et soient
concrètement mises en oeuvre…
Conclusion de l'oratrice: "…Chacun a un rôle à jouer pour faire cesser la violence contre les enfants, mais les
recommandations de l'étude soulignent que c'est aux gouvernements qu'incombe, en dernier ressort, l'obligation
de prévenir et d'éliminer ce phénomène...".
Mme Laure Maitrejean a rappelé que cette section était désormais
constituée de quatre programmes distincts, à savoir: la Journée mondiale, le Prix pour
la prévention des abus envers les enfants, la campagne d'autocollants jaunes "OUI à
la prévention des abus envers les enfants !", et le nouveau programme "Clearinghouse
internationale pour la prévention des abus et de la violence envers les enfants".

Créée en 2000 et célébrée chaque 19 novembre, cette campagne
constitue un point de ralliement international ayant pour objectif principal la création
d’une culture de prévention des abus envers les enfants dans le monde entier. Afin
d’atteindre cet objectif très ambitieux, la WWSF a créé en 2001 une coalition
internationale d’organisations gouvernementales et non gouvernementales s’engageant
à soutenir et commémorer la journée avec des activités et événements locaux et nationaux.
Cette coalition réunit aujourd’hui 710 organisations qui célèbrent la journée dans plus de 119 pays.
Le nombre des organisations partenaires de la WWSF ne cesse d’augmenter chaque année.
Laure Maitrejean a rappelé que la liste de ces organisations est publiée sur l’affiche de la campagne
dont 10'000 exemplaires sont envoyés chaque année autour du monde. Au dos de cette affiche, une lettre
ouverte adressée aux membres et partenaires de la coalition leur donne quelques pistes intitulées appel à l’action.
Cette Journée mondiale donne lieu à l’organisation de nombreuses activités et événements. “Si nous devions faire un bilan sur ces sept dernières années, nous pourrions dire que nous avons observé une évolution dans le type d’activités organisées. Si au départ, ces activités étaient essentiellement basées sur la participation des enfants, des parents et des enseignants, les organisations ont progressivement cherché à sensibiliser les différents experts et les autorités nationales et locales : politiques, judiciaires, ecclésiastiques et policières. Ce que nous avons pu constater cette année, c’est l’importance accordée aux médias.
Ainsi, plusieurs organisations ont fait le choix de proposer des formations aux journalistes afin qu’ils puissent s’exprimer le plus justement possible en ce qui concerne les abus et la prévention des actes de violence contre les enfants. Leur principale préoccupation était de faire en sorte que l’accent soit mis sur le respect des droits de l’enfant et de la victime et non plus, sur le sensationnel” a souligné Laure Maitrejean.
"Quant au Prix pour la prévention des ab financement envoyées par les membres de la coalition", a précisé Laure Maitrejean. Pour la troisième année consécutive, la WWSF a décerné ce prix pour récompenser quatre organisations ayant mené des activités particulièrement novatrices et efficaces dans le domaine de la prévention. 12 prix ont été décernés à ce jour à des organisations originaires du monde entier. Pour conclure, Laure Maitrejean a cité plusieurs activités prévues cette année à l’occasion de la Journée mondiale : Au Pakistan d’abord, où l’organisation SEHER a choisi d’organiser non pas une journée, mais 20 jours d’activités (du 30 octobre au 19 novembre) et au Liban ensuite, où l’organisation KAFA a lancé, en collaboration avec le Ministère des Affaires Sociales, une campagne dans tout le pays. 35'000 autocollants et brochures sur les différentes formes d’abus ont été distribués dans les rues, accompagnés d’une fleur blanche comme message de paix et de non violence.
Cette année, la Fondation a reçu de nombreuses candidatures remarquables, ce qui a rendu la sélection très difficile. Pour cette raison, exceptionnellement, deux premiers prix ont été décernés. L'un à l'organisation indienne Tulir CPHCSA (Centre for the Prevention and Healing of Child Sexual Abuse), dont la directrice Mme Vidya Reddy était présente à Genève le 17 novembre, l'autre à l'organisation jordanienne Queen Rania Family & Child Center at Jordan River Foundation.
Mme Vidya Reddy, présidente de l’organisation Tulir CPHCSA,
est venue spécialement d'Inde pour recevoir
son prix. Elle a présenté au public une vidéo expliquant en
détail l'impressionnant travail fourni par son organisation
à l'occasion de la Journée mondiale pour la prévention des
abus envers les enfants 2005. En 2005, Tulir CPHCSA a en effet organisé à Chennai
(anciennement Madras) de nombreux événements de sensibilisation sur trois jours,
du 18 au 20 novembre. Pour saisir pleinement l'importance de ce travail, il faut rappeler
que Chennai, capitale de l'Etat du Tamil Nadu (Inde du Sud), est la quatrième métropole
d'Inde avec une population estimée à 7,6 millions d'habitants.
Parmi les actions entreprises par Tulir CPHCSA, relevons une collaboration active avec les médias locaux afin de les faire
participer à la célébration de la Journée mondiale. Deux des plus importants journaux nationaux et régionaux (The New
Indian Express et The Hindu) ont notamment publié des articles sur la problématique des abus envers les enfants et sur la
Journée mondiale.
"Tulir CPHCSA a aussi organisé des spectacles de théâtre de rue
destinés à aider les enfants à se protéger des abus", a souligné Vidya
Reddy. Des panneaux géants portant le message "La Journée
mondiale pour la prévention des abus envers les enfants n'est pas
le 19 novembre – c'est chaque jour de l'année" ont été placés dans
des endroits stratégiques de la ville: 1 million de personnes ont pu les
voir! Deux douzaines de posters créés par les plus importantes agences
de publicité sur le thème de la prévention des abus envers les enfants
ont également été placés dans l'un des principaux centres commerciaux
de Chennai.
"La Journée mondiale pour la prévention
des abus envers les
enfants n'est pas le
19 novembre –
c'est chaque jour de l'année."
3000 dépliants pour les enfants, intitulés "Comment te protéger intelligemment", ont été distribués en anglais et en Tamil. Mais ce n'est pas tout: Tulir CPHCSA a aussi organisé la projection du film "Tout le monde dit que je vais bien", un film indien touchant aux abus sexuels tourné avec finesse, projection qui a été suivie d'un débat. Des documentaires ont également été diffusés sur ce thème.
Internet n'a pas été oublié: Tulir a envoyé un courriel à près de 4000
organisations et personnes travaillant dans le domaine des droits de l'enfant
pour les informer de la Journée mondiale et pour les inciter à organiser des
actions de soutien. "Il faut aussi relever que grâce à cette campagne de
sensibilisation, le site internet de Tulir a reçu 13'000 visiteurs en novembre.
Un sponsor nous a aidés à créer ce site web", a encore précisé Vidya Reddy.
Cet immense et remarquable travail méritait absolument d'être
récompensé !
La photo ci-contre illustre la cérémonie de remise du Prix pour la prévention
des abus envers les enfants. Mme Vidya Reddy remercie la Fondation Sommet
Mondial des Femmes pour lui avoir décerné le premier prix.
Une description détaillée des activités organisées par les quatre organisations lauréates du Prix en 2006 est disponible sur notre site www.woman.ch
Le métier de parent n'a sans doute jamais été facile, d'autant plus qu'aucun diplôme préalable n'est requis pour "l'exercer".
Mais le formidable développement actuel des nouvelles technologies a certainement rendu les choses encore plus
compliquées, en introduisant une nouvelle donne, pas toujours maîtrisable.
Aujourd'hui, bon nombre de parents se sentent complètement perdus, largués face à ce phénomène. Et ce d'autant plus que
leur progéniture, elle, est née avec ces nouvelles technologies: les enfants maîtrisent Internet et le multimédia avec une
aisance déconcertante.
Comment protéger les enfants malgré eux? Quelles limites faut-il instaurer? Qu'est-ce qui doit être permis, discuté, interdit?
Quels sont les dangers réels ou imaginaires d'internet? Autant de questions passionnantes auxquelles différents orateurs
spécialisés dans le domaine de l'éducation et de l'enfance se sont efforcés de donner des pistes de réflexion, à défaut de
réponses toutes faites.
D'emblée, le Dr. Gérard Salem, psychiatre renommé, thérapeute des familles et enseignant à l'Université (Genève et
Paris) pose les termes du débat: "Quand on lit la presse de ce matin, qui relate le viol collectif à Zurich d'une fille de 13 ans
par 13 adolescents, nous sommes évidemment horrifiés. Mais la maltraitance ne se limite pas à ces faits divers spectaculaires.
Il y a aujourd'hui de plus en plus de problèmes sur le territoire helvétique. Tous les jours, les jeunes sont confrontés à un
bombardement d'images violentes, caractérisées par leur force d'effraction dans le mental des enfants et des adolescents."
Selon le Dr. Salem, beaucoup de familles se trouvent complètement démunies et ignorantes devant l'impact des nouvelles
technologies de l'information. Les parents ne peuvent réellement jouer leur rôle de contrôle et de surveillance car de nos
jours, souvent, le couple travaille. Or, des filtres protecteurs sont nécessaires entre le macrosystème social actuel et le
système familial. "Le problème est réel: à Lausanne, 800 familles sont venues consulter en quatre ans à cause de problèmes
de maltraitance familiale. C'est notamment le cas des familles "carentielles", qui ont des problèmes de négligence affective et
éducative. Beaucoup de parents sont complètement désorientés actuellement par manque de repères."
Autre point important soulevé par le Dr. Salem: contrairement à ce que l'on pourrait croire, 85% des abus sexuels envers des
mineurs sont d'abord commis à la maison, ou dans le cercle familial rapproché. Les réseaux pédophiles sévissant sur Internet,
qui représentent un réel problème actuellement, ne sont donc pas seuls en cause.
L'intervention du Dr. Salem replace les choses dans leur contexte. Pour le psychiatre, "si nous voulons améliorer la condition
des enfants, il faut impérativement améliorer celle des familles. Elles doivent être soutenues et protégées par la société." Et de
conclure en posant quelques questions en guise de thèmes de réflexion: "les parents ont-ils encore le temps de s'occuper de
leurs enfants? Doivent-ils cesser de travailler pour s'occuper de leur famille? Les ONG et les associations qui s'occupent des
enfants ont-elles suffisamment d'impact? Les parents tiennent-ils vraiment compte de ces problèmes, ou finalement est-ce que
nous nous donnons surtout bonne conscience..." .
Directrice de Pro Juventute Genève, Sylvie Reverdin est venue présenter la campagne nationale "L'éducation donne de la
force", organisée à Genève par la Commission cantonale de la famille. Cette campagne, qui se déroule de septembre 2006 à
juin 2007, s'articule autour de 8 "piliers", identifiés comme des principes fondamentaux qui doivent servir de base à une
éducation équilibrée et harmonieuse. Ces principes sont les suivants: "Eduquer, c'est: encourager, accepter le conflit, amener
à l'autonomie, montrer ses sentiments, mettre des limites, prendre le temps, savoir écouter, et beaucoup d'amour".
Une brochure explicitant ces règles fondamentales a été envoyée à 60'000 parents, crèches et familles d'accueil. Près de 150
associations sont parties prenantes de cette action à Genève.
"Dans les librairies, on trouve aujourd'hui quantité de livres et traités d'éducation pour être de bons parents", souligne Sylvie
Reverdin. "C'est le signe d'une véritable demande: les parents ont soif de conseils, qu'ils ne trouveront d'ailleurs pas
forcément dans toute cette littérature. La Commission cantonale a orienté sa réflexion vers un véritable soutien à la
parentalité. En fait, ces 8 piliers fondamentaux doivent être considérés comme une grille de lecture dont les parents peuvent
s'inspirer, ce sont des pistes de réflexion au quotidien…"
Une conférence a lieu le premier mardi de chaque mois, à l'Uni-Dufour: elle reprend le thème mensuel de la campagne. Pour
plus d'informations, n'hésitez pas à vous renseigner: www.inforfamilles.ch
Psychologue, thérapeute de couple et de famille, spécialiste de la violence et des abus sexuels, Marie-José Lacasa représente l'Ecole des parents, une association qui s'est donnée, comme son nom l'indique, pour mission d'écouter, d'informer et d'orienter les parents. Avec humour et un brin de provocation, elle intitule son intervention: "Tu n'y connais rien!"
Marie-José Lacasa est d'accord avec le Dr. Salem: le développement des nouvelles technologies a modifié nos points de repères, et les parents se sentent de plus en plus souvent dépassés. "Les nouvelles technologies offrent, c'est certain, beaucoup plus de possibilités qu'avant. Mais elles renforcent simultanément chez les parents le sentiment de ne pas comprendre, de ne pas savoir… Les rapports de force changent, c'est désormais l'enfant qui sait, qui montre à l'adulte!"
Toute cette évolution peut être constructive, mais aussi très déstructurante. A un certain moment se pose la question des limites à imposer. L'exemple du téléphone portable est révélateur: certains ados nouent un lien de dépendance avec leur portable, ils ont besoin de lui pour communiquer en permanence, ne peuvent plus s'en détacher…
"Avec les nouvelles technologies, on peut se demander quand il faut s'inquiéter?", souligne Marie-José Lacasa. "Il arrive par exemple qu'un jeune soit dans l'impossibilité d'aller à l'école tout simplement parce qu'il a passé la soirée à essayer de communiquer avec 30 personnes à la fois…"
Mme Lacasa soulève encore un point fondamental: le monde virtuel permet à certains enfants de croire qu'ils arrivent à faire des choses plus dures que dans la réalité. "Ils se sentent plus forts!" Un décalage intervient alors inévitablement entre le monde virtuel, passionnant et facile, et la vie réelle, qui demande forcément plus d'efforts. "Il faut aussi s'inquiéter quand on sent que l'enfant ou l'adolescent a un sentiment de vide, de manque d'envie."
Concrètement, il est bien sûr impossible pour les parents de tout contrôler: il faut apprendre à vivre avec le risque. Mais il importe aussi de mettre des limites, de rassurer l'enfant. Par exemple, "peut-être ne faut-il pas mettre un ordinateur dans la chambre d'un enfant avant l'âge de 15 ans…", souligne l'oratrice.
L'essentiel, conclut Marie-José Lacasa, est d'essayer de comprendre la motivation de l'enfant pour le monde virtuel. "Il faut absolument l'aider à développer son sens critique, car c'est là que réside finalement le seul filtre de protection vraiment efficace, qu'on soit là ou pas…".
www.ep-ge.ch
Présidente de l'Association Suisse pour la Protection de l'Enfant (ASPE) et d'ECPAT Switzerland, Andréa Burgener Woeffray explique le travail de cette association, qui n'hésite pas à prendre contact avec de grands hôtels dans des pays et des régions où sévit le tourisme sexuel, ou avec des agences de voyage, afin de faire de la prévention. "Des contrats avec Hotelplan et Kuoni viennent d'être signés en Suisse. Nous cherchons aussi à collaborer plus étroitement avec les associations actives dans la prévention, car il faut créer des réseaux."
Internet est inévitablement dans la ligne de mire de nombreux intervenants, à cause de l'accès relativement facile et difficilement contrôlable aux images pornographiques. Un risque évident pour les enfants, qui sont très à l'aise avec le maniement des ordinateurs. "A Fribourg, l'école propose un code de conduite, une charte concernant l'utilisation d'internet, que les parents doivent signer et retourner à l'école. Je pense que c'est un bon exemple à suivre", souligne Andréa Burgener Woeffray, qui n'hésite pas à prôner une collaboration avec les providers de sites internet: "nous pensons qu'ils doivent bloquer eux-mêmes certains contenus…".
www.aspe-suisse.ch
Lutter contre les abus sexuels et les dangers d'internet et du multimédia, c'est évidemment très bien, mais la meilleure des préventions ne consiste-t-elle pas à intégrer certaines valeurs fondamentales dans l'éducation des enfants et donc des futurs adultes?Frances Burkahlter, présidente de l'Association Suisse Valeurs pour Vivre, insiste sur cet aspect souvent négligé dans notre société moderne: "Il faut absolument prendre le temps de réfléchir à nos valeurs. Je crois que c'est fondamental, car elles nous serviront de guide tout au long de notre vie."
Prendre le temps de la réflexion, définir ses propres valeurs personnelles est effectivement un aspect fondamental du développement de la personnalité. Mais cela ne suffit pas, comme l'a expliqué Frances Burkhalter: "il faut ensuite vivre nos valeurs!". Une démarche qui inclut une remise en question quotidienne, au fil de notre chemin de vie.
Les programmes développés par l'Association Suisse Valeurs pour Vivre, ciblés sur les familles et les enfants, sont actuellement utilisés dans 80 pays.
www.livingvalues.net
Autre approche intéressante, celle de l'Association Akouo - l'Ecoute centrée sur la personne et ses états du moi, représentée par Monica Saurma. Mme Saurma met l'accent sur un élément fondamental du développement harmonieux de la personnalité, l'estime de soi. "Le niveau d'estime de soi, le niveau d'estime que les jeunes ont d'eux-mêmes, détermine en grande partie les bases de la relation aux autres. Or, il est possible de se construire une vraie estime de soi."
Et Monica Saurma d'insister parallèlement sur l'importance de l'écoute. "L'Ecoute centrée sur la personne est une formation qui peut changer les relations au sein des familles. C'est une façon de communiquer qui permet une relation de confiance et de respect. Il serait intéressant de pouvoir offrir aux parents une vraie formation d'écoute."
Selon le psychologue Carl Rogers, l'auteur de cette approche, l'apprentissage de l'écoute nécessite l'intégration de 3 attitudes fondamentales. La congruence: je suis qui je suis. L'acceptation inconditionnelle de l'autre: je ne juge pas, j'accepte l'autre tel qu'il est. Et l'empathie: j'écoute avec le cœur, j'écoute les émotions de l'autre. "Ecouter vraiment, cela s'apprend!", affirme Monica Saurma.
www.akouo.ch
Last but not least, l'ultime intervenante de la soirée vibre de conviction et de colère à peine contenue: Me Lorella Bertani, avocate spécialisée dans la défense des mineurs, opte pour un discours musclé, aux résonances résolument féministes. "Nous pouvons faire quelque chose, en boycottant les marques de pub qui vantent des produits avec des photos de femmes à quatre pattes, la bouche ouverte! On nous dit qu'être féministe c'est ringard, passé de mode: mais c'est l'atteinte à l'honneur de la femme qui est insupportable! On ne peut plus supporter ce porno chic à longueur de journée, avec du sadomasochisme à la clé, vu par des enfants de 3, 4 ou 5 ans…"
En ce qui concerne la cyber-pédophilie, Lorella Bertani souligne que c'est effectivement un nouveau danger. Mais elle l'affirme aussi: "les messieurs qui posent pour ces photos sont des papas, ceux qui regardent ces photos sont aussi des papas, et ceux qui empochent des millions avec ces photos sont des papas et des mamans…"
Me Bertani refuse de tomber dans le puritanisme ou dans l'angélisme. "Les violeurs ados servent la même chose, les mêmes discours que les violeurs adultes: elle était d'accord, elle m'a provoqué, de toutes façon c'est une p… Mais aujourd'hui, la nouveauté, c'est qu'on assiste à des affaires entre ados! Aujourd'hui, les jeunes filles sont passées du droit à l'orgasme, prôné par les féministes, au devoir à l'orgasme prôné par les canons de la presse et par les médias: il faut absolument être magnifique, sexy, avec le string qui dépasse du pantalon!...", s'insurge l'avocate pasionaria.
Faisant référence au drame révélé ce 17 novembre par la presse - une adolescente de 13 ans violée par 13 ados à Zurich -, Lorella Bertani le clame haut et fort: ces jeunes de 16 ou 17 ans ne doivent pas être traités comme des victimes. "Ils ont suffisamment de capacité de discernement. Il faut apprendre aux garçons la frustration, les limites, les obligations, le respect…", conclut Me Bertani. "Nous sommes tous, parents ou pas, responsables de cela!"
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A l’occasion de la Une semaine d'activités à Genève 18 au 23 novembre 2006 Centre International de Conférences Genève CICG, rue de Varembé 17, 1202 Genève (Salle 3) Traduction anglais/français Programme Samedi 18 novembre Stand d'information sur la Place du Molard à Genève Dimanche 19 novembre Appel à l'action adressé aux églises et paroisses Lundi 20 novembre Atelier : "Ecoute Centrée sur la Personne et ses états du moi" par Monica Saurma, représentante de l'Association Akouo - 17h30-19h00 à la WWSF Mardi 21 novembre Atelier : "Le rôle de la mère à l'heure des médias modernes" par Claire de Lavernette, représentante du Mouvement Mondial des Mères 17h30-19h00 à la WWSF Mercredi 22 novembre Atelier : "Présentation de l'approche prévention à l'école Montessori - Nations" par Angèle Ortega, Isabelle Wenger et Séverine Paris, enseignantes - 17h30-19h00 à la WWSF Jeudi 23 novembre Distribution de dépliants et autocollants WWSF à la FNAC Balexert |
Durant toute la journée du samedi, un stand a été tenu dans une rue piétonne très fréquentée de Genève. Notre collaboratrice, Valérie Moynat, en compagnie de la présidente de l'organisation lauréate du premier Prix 2006, Vidya Reddy, ont ainsi pu informer les passants sur la Journée mondiale pour la prévention des abus envers les enfants, célébrée le 19 novembre et sur les programmes de prévention de la WWSF en général. Elle ont profité de cette occasion pour distribuer les autocollants jaunes"OUI à la prévention des abus envers les enfants !"

Le 19 novembre tombant cette année un dimanche, la WWSF a invité les leaders religieux et les organisations basées sur la foi à mentionner, dans leurs sermons et programmes, la Journée mondiale pour la prévention des abus envers les enfants. La WWSF a saisi cette opportunité pour leur suggérer de mettre sur pied des comités de parents au sein de leurs paroisses afin de participer à l'élaboration de stratégies de prévention des abus et de la violence envers les enfants, stratégies qui permettraient d'enrayer cette "pandémie" mondiale. Plusieurs églises et paroisses nous ont informés de leur participation. (cf. Annexe : lettre adressée aux prêtres et pasteurs)
Dans le cadre de la semaine d'activités qui a suivi la conférence-débat, trois ateliers ont été organisés par la WWSF au siège de la Fondation (11, avenue de la Paix). Les thématiques et problématiques soulevées, bien que caractérisées par des approches différentes, s'inscrivent néanmoins dans une volonté commune d'apporter des réponses à des questions très actuelles.
Grâce à leur formation à l'Ecoute centrée sur la personne et ses états du moi, Monica Saurma et Françoise Wicht, représentantes de l'Association romande Akouo (" J'écoute " en Grec), ont mis l'accent sur la nécessité de favoriser une meilleure communication entre les gens. Leur credo: "écouter, cela s'apprend ".
Pourquoi apprendre à écouter ? Quels sont les obstacles à l'écoute ? Qu'est-ce qui favorise l'écoute ? Autant de questions auxquelles cette formation répond. En permettant l'acquisition d'une attitude d'écoute volontairement centrée sur la personne et non sur le problème, cet apprentissage offre en fin de compte à la personne écoutée la possibilité de devenir active, en mobilisant ses propres ressources et en cherchant elle-même sa propre solution.
www.akouo.ch Email:info@akouo.ch
Au cours de l'atelier "Le rôle de la mère à l'heure des médias modernes", Claire de Lavernette, représentante du Mouvement Mondial des Mères - MMM a insisté sur l'enjeu actuel qui consiste à faire de la prévention par l'éducation. Après avoir mentionné les quatre médias les plus dangereux pour nos enfants (les ordinateurs, la télévision, les téléphones portables et les radios "jeunes") et en avoir expliqué les raisons, elle a insisté sur l'importance de la transmission des valeurs par les parents. Des valeurs basées sur le respect, l'autorité, l'écoute et le partage. Les parents doivent fixer des limites à leurs enfants, leur transmettre le sens de l'analyse et de l'effort, et surtout leur apprendre très tôt à respecter l'autre. www.mmmfrance.org Email:info@mmmfrance.org
Trois enseignantes, Angèle Ortega, Isabelle Wenger et Séverine Paris, ont présenté l'approche de prévention des abus envers les enfants de l'Ecole Montessori-Nations.
Est-ce que l'enfant voit quelque chose qu'il ne doit pas voir ? Est-ce que l'enfant a vu quelque chose à la télévision ? Ou est-ce que ce sont ses parents ? Où va-t-il quand ses parents ne sont pas là ?
Autant de questions que se posent les enseignantes avant d'agir, avec pour règle d'or de créer un climat de confiance. Les enfants savent qu'ils vont pouvoir s'exprimer librement, ils savent qu'ils seront écoutés et pris en considération.
www.montessori-ams.ch Email:montessori-ch@bluewin.ch
La campagne "OUI à la prévention des abus envers les enfants !" a été lancée en 2005. Ces autocollants jaunes, qui existent en 4 langues, constituent un outil pour les parents, les adultes et les jeunes, leur permettant de rappeler que les abus et la violence contre les enfants sont inacceptables et que des valeurs et des règles de comportement doivent être respectées au sein des familles et des institutions.
Commandez vos cartes postales avec autocollants pour affirmer votre prise de position. Détachez l'autocollant de votre carte postale et placez-le sur votre porte, ordinateur, frigo ou tout autre lieu visible comme symbole de votre engagement à prévenir les abus envers les enfants et à les traiter avec respect et dignité.
Contact: wdpca@wwsf.ch



“Il n’y a pas de violence contre les enfants qui soit justifiable ; Toute forme de violence contre les
enfants peut être évitée. Jusqu’à présent, contrairement aux obligations des droits de l’Homme, les
enfants ne sont pleinement protégés contre la violence dans aucune partie du monde. Au cours de mon
mandat d’Expert Indépendant, j’ai entendu des enfants me dire combien la violence ordinaire que
beaucoup d’entre eux subissent dans leurs foyers, écoles, institutions et communautés, peut leur être
préjudiciable. Les enfants témoignent également du besoin urgent d’une réponse rapide.
La Journée mondiale pour la prévention des abus envers les enfants nous rappelle l’importance qu’il y a
à agir maintenant pour répondre à la situation critique dans laquelle se trouvent les enfants. Prévenir la
violence est le moyen le plus efficace de les protéger – un changement radical est nécessaire pour
s’assurer que cette priorité est pleinement reconnue et transformée en action. Ceux qui travaillent pour et
avec les enfants doivent unir leurs forces pour promouvoir et assurer le changement de fond auquel nous
aspirons tous.”
• Sa Majesté la Reine Rania de Jordanie
• Desmond Tutu, Archevêque Emérite et Prix Nobel de la Paix
• Dr. Samuel Kobia, Secrétaire Général du Conseil Oecuménique des Eglises
• Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme
• Prof. Jaap Doek, Président du Comité des droits de l’enfant de l’ONU
• Prof. Paulo Pinheiro, Expert Indépendant pour l’Etude de l’ONU sur la violence contre les
enfants
• Vernor Muñóz Villalobos, Rapporteur Spécial des Nations Unies sur le droit à l’éducation
• Juan Miguel Petit, Rapporteur Spécial des Nations Unies sur la vente d’enfants, la prostitution
d’enfants et la pornographie impliquant des enfants
• Le Conseil d’Etat et administratif de la République et du Canton de Genève in corpore.
La maltraitance des enfants const itue une vér itable tragédie et une violation de leurs
droits. Par ce courrier, la WWSF, Fondation suisse à but non lucratif, humanitaire et laïque (avec statut
consultatif auprès de l’ONU), vous propose d'intervenir en faveur des enfants dans votre prédication du
dimanche 19 novembre, à l’occasion de la Journée mondiale pour la prévention des abus envers les
enfants (Journée instaurée en 2000 par notre Fondation). Notre site Internet vous donnera toutes les
informations concernant les activités organisées dans le monde entier à cette occasion (plus de 700
organisations dans 119 pays). www.woman.ch/children
Depuis quelques années, des fléaux aussi pervers que violent - la pornographie, la pédophilie, l'exploitation sexuelle et le trafic
d’enfants – s'attaquent, dans le monde entier, à la partie la plus vulnérable de nos populations. Dans les médias, à l'école, sur
Internet, via des réseaux de portables et vidéos, les agressions contre l'innocence de nos enfants atteignent des proportions
jamais égalées. Nombre de parents ont baissé les bras, alors que d'autres, probablement plus nombreux, ignorent ce à quoi
leurs enfants sont vraiment exposés, parfois même dans leur propre foyer.
Nous vous demandons de nous aider à rompre ce silence face au grave problème que représente ce commerce innommable.
Le sexe et la pornographie occupent en effet la troisième place dans l’économie mondiale après le trafic illégal de la drogue et
du commerce des armes.
Nous voudrions vous suggérer de mettre sur pied des comités de parents au sein de votre paroisse afin de participer à
l’élaboration de stratégies de prévention des abus et de la violence à l’égard des enfants, stratégies qui permettraient d'enrayer
cette « pandémie » mondiale.
Nous vous remercions d’avance pour votre engagement et votre participation à la création d’une culture de prévention de la
maltraitance à l’égard des enfants. Martin Luther King affirmait: “L'histoire aura un jour à rappeler que la plus grande tragédie de
notre époque ne fut pas les cris stridents des méchants, mais l'effroyable silence des bien-pensants.”
Dans l’attente de vous lire, veuillez agréer, Monseigneur, Monsieur le Curé, Madame la Pasteure, Monsieur le Pasteur, nos
salutations les meilleures.
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Elly Pradervand, WWSF Directrice Exécutive | Laure Maitrejean, Coordinatrice - WWSF Section Enfants |

Office Fédéral des Assurances Sociales (OFAS)

"VIVRE AUTREMENT" 
Actividades y acontecimientos organizadas por los miembros de la coalición internacional de ONG
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I ) 19 NOVEMBER – WORLD DAY FOR PREVENTION OF CHILD ABUSE II ) WWSF PRIZE FOR PREVENTION OF CHILD ABUSE III ) YELLOW RIBBON CAMPAIGN “YES to prevention of child abuse!” IV ) GENEVA ACTIVITY REPORT - 19 NOVEMBER 2006 V ) GLOBAL ACTIVITY REPORT - 19 NOVEMBER 2006 |